Techniciens posant des modules photovoltaïques sur une toiture
Photo : Photo by Julianne Boden. – U.S. Department of Energy from United States · Domaine public · Wikimedia Commons
Le cadre, texte par texte

Installation solaire : ce qu'impose la loi

Une installation photovoltaïque sur une maison n'est pas un achat libre : elle touche à l'électricité du logement, à l'aspect extérieur du bâtiment et au réseau public, et chacun de ces trois points a ses règles écrites. Celui qui en répond devant vous, ce n'est jamais le vendeur au téléphone, c'est l'entreprise qui signe les travaux et son assureur. Cette page rassemble les textes applicables, les papiers à réunir, les garanties qui vous couvrent et les formulations de devis qui doivent vous alerter — chacun avec sa référence et le lien où le vérifier vous-même.

Ce contenu est informatif. Nous ne sommes ni bureau d'études, ni installateur, ni assureur, ni juriste : nous rassemblons des textes publics et nous indiquons où les lire. Les normes et les codes évoluent, et un cas particulier — copropriété, bâtiment classé, site isolé, outre-mer — peut relever d'autres règles. Vérifiez toujours à la source, dont les liens sont donnés à chaque point, et faites confirmer votre situation par l'entreprise qui engagera sa responsabilité, par votre mairie ou par votre assureur.

Périmètre de cette page : cadre français. Les normes, les formulaires, les aides et les organismes cités ici s'appliquent à une installation en France.

Les textes qui s'appliquent

Lisez la colonne de droite avant tout le reste : la quasi-totalité de ces textes engage l'installateur, pas vous. C'est précisément pour cela qu'il faut un professionnel assuré — vous achetez sa responsabilité autant que son matériel. Votre rôle se limite à vérifier qu'il les connaît et qu'il les cite dans son devis. Chaque ligne renvoie au texte d'origine : vous pouvez le vérifier vous-même.

TexteCe qu'il imposeQui l'appliqueVérifier
NF C 15-100Installations électriques à basse tension
Le texte de référence pour toute l’installation électrique d’un logement : tableau, protections contre les surintensités et les contacts directs, sections de câbles, repérage des circuits. La partie alternative d’une installation solaire s’y raccorde et doit s’y conformer.L’entreprise qui réalise les travaux électriques. C’est sur cette conformité que porte le contrôle avant la mise en service.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
UTE C 15-712-1Guide pratique — Installations photovoltaïques raccordées au réseau public de distribution
Le guide qui traite ce que la NF C 15-100 ne couvre pas : la partie continue, entre les panneaux et l’onduleur. Cheminement et protection des câbles continus, coffrets, sectionnement, mise à la terre des masses, signalisation de la double source de tension.L’entreprise qui conçoit et pose la partie photovoltaïque. Un devis sérieux s’y réfère explicitement.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
UTE C 15-712-2Guide pratique — Installations photovoltaïques non raccordées au réseau public de distribution avec stockage par batteries
Le pendant du précédent pour les installations en site isolé, où le stockage remplace le réseau. Ventilation du local des batteries, protection des circuits de stockage, coupure.L’entreprise qui pose, lorsque l’installation n’est pas raccordée au réseau.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
IEC 61215Modules photovoltaïques pour application terrestre — Qualification de la conception et homologation
La série d’essais qui vérifie qu’un modèle de panneau tient dans la durée : cycles thermiques, chaleur humide, charge mécanique, grêle, isolement. Elle qualifie un modèle, pas le panneau livré chez vous.Le fabricant du module, qui fait qualifier son produit par un laboratoire. À vous de vérifier que la référence exacte inscrite au devis est bien celle qui est qualifiée.Commission électrotechnique internationale (IEC), éditeur des normes IEC
IEC 61730Qualification pour la sûreté de fonctionnement des modules photovoltaïques
Le volet sécurité du module, distinct de la performance : construction, isolation électrique, tenue au feu, risque de choc électrique et d’incendie. La partie 1 porte sur les exigences de construction, la partie 2 sur les essais.Le fabricant du module.Commission électrotechnique internationale (IEC), éditeur des normes IEC
IEC 62109Sécurité des convertisseurs de puissance utilisés dans les systèmes photovoltaïques
La sécurité de l’onduleur lui-même : isolation, échauffement, protection contre les défauts internes. La partie 1 pose les exigences générales, la partie 2 les exigences propres aux onduleurs.Le fabricant de l’onduleur.Commission électrotechnique internationale (IEC), éditeur des normes IEC
EN 50549-1Prescriptions pour les centrales électriques destinées à être raccordées en parallèle avec des réseaux de distribution — Partie 1 : raccordement à un réseau de distribution basse tension
Le comportement que doit avoir l’onduleur vis-à-vis du réseau : plages de tension et de fréquence admissibles, et surtout la protection de découplage, qui déconnecte l’installation en cas de coupure du réseau. Sans elle, une installation continuerait d’injecter dans des lignes que des agents croient hors tension.Le fabricant de l’onduleur, pour la conformité du matériel ; l’installateur, pour le réglage et la déclaration au gestionnaire de réseau.Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité
NF C 15-100 (mise à la terre)Mise à la terre, conducteurs de protection et liaisons équipotentielles
La mise à la terre des masses métalliques et la liaison équipotentielle : structures de fixation, cadres des modules, coffrets, chemins de câbles. C’est ce qui évite qu’une pièce métallique en toiture devienne dangereuse au toucher en cas de défaut.L’installateur électricien.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
NF EN 62305Protection contre la foudre
La méthode d’analyse du risque foudre et les principes de protection d’une structure. Pour une maison, la traduction concrète passe le plus souvent par des parafoudres installés côté continu et côté alternatif, dont la nécessité dépend de l’exposition du site et de la longueur des câbles.Le concepteur de l’installation, qui doit justifier la présence ou l’absence de parafoudre — et non la décider au hasard.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
NF DTU série 40Travaux de couverture
La mise en œuvre de la couverture selon le matériau : recouvrements, pentes minimales, ventilation de la sous-face, traitement des pénétrations. Percer ou déposer une couverture pour y fixer des rails relève de ces règles, et c’est de là que naissent les infiltrations quand elles ne sont pas suivies. La partie applicable dépend du matériau : tuiles de terre cuite, ardoises, plaques nervurées en acier, chacune a la sienne.L’entreprise qui intervient sur la couverture. Si l’installateur électrique sous-traite la pose en toiture, demandez qui, nommément, engage sa garantie sur l’étanchéité.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France
Signalisation et coupure d’urgenceIdentification des sources et accès des secours
Une installation solaire reste sous tension côté continu tant qu’il fait jour, même disjoncteur coupé. Les coffrets, les câbles continus et le tableau doivent porter une signalisation indiquant la présence de deux sources de tension, et l’organe de coupure doit être accessible et repéré. C’est ce qui permet aux pompiers d’intervenir sans prendre le bâtiment pour une installation ordinaire.L’installateur. Cette signalisation se vérifie à l’œil nu à la réception du chantier : si elle manque, le travail n’est pas fini.photovoltaique.info, centre de ressources porté par Hespul avec l’ADEME
Étiquetage et repérage des coffretsIdentification des circuits et des organes de manœuvre
Chaque circuit, chaque appareil de coupure et chaque coffret doit être identifié de façon durable et lisible : ce qu’il protège, ce qu’il coupe, dans quel sens. Une étiquette au marqueur sur du ruban adhésif n’est pas un repérage durable.L’installateur. C’est le point le plus simple à contrôler vous-même, et l’un des plus révélateurs du soin apporté au reste.Boutique AFNOR, l’éditeur officiel des normes NF en France

Les papiers de votre dossier

Un dossier complet, c'est ce qui vous protège le jour où quelque chose se passe mal : à la revente, en cas de sinistre, ou si l'entreprise disparaît. Certains de ces documents portent un numéro Cerfa — c'est l'identifiant officiel d'un formulaire administratif, il vous permet de retrouver le bon imprimé et sa notice. Réclamez-en une copie papier ou numérique, même ceux que l'installateur remplit à votre place : ils sont à votre nom.

  1. 01
    Déclaration préalable de travauxCerfa n° 13703 (maison individuelle et annexes)Vous

    Avant tout début de travaux. Le délai d’instruction courant est d’un mois à compter du dépôt du dossier complet, porté à deux mois notamment lorsque le terrain se situe aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable.

    L’autorisation d’urbanisme à déposer en mairie pour des panneaux posés sur une maison existante, parce qu’ils modifient l’aspect extérieur du bâtiment. Le dossier comprend un plan de situation, un plan de masse, une vue des façades et des toitures, et une insertion du projet dans son environnement.

    service-public.fr, l’information administrative officielle
  2. 02
    Arrêté de non-opposition à déclaration préalableVous

    À la fin du délai d’instruction. Conservez-le sans limite de durée : il sera demandé à la revente du logement.

    La réponse de la mairie. Elle peut être expresse, ou tacite : à l’expiration du délai d’instruction sans réponse, la non-opposition est acquise, et la mairie délivre sur demande un certificat qui l’atteste. L’affichage sur le terrain fait courir le délai de recours des tiers.

    service-public.fr, l’information administrative officielle
  3. 03
    Avis de l’architecte des Bâtiments de FranceVous

    Pendant l’instruction de la déclaration préalable. Se renseigner en mairie avant de commander le matériel évite d’acheter des panneaux qui seront refusés.

    Lorsque le terrain se trouve dans un périmètre protégé, la mairie consulte l’architecte des Bâtiments de France. Son avis peut imposer des prescriptions sur la teinte des modules, leur implantation sur le pan de toiture ou l’absence de débord, voire s’opposer au projet.

    service-public.fr, l’information administrative officielle
  4. 04
    Demande de raccordement au réseau public de distributionL'installateur

    Après l’autorisation d’urbanisme, avant la mise en service. C’est l’étape dont le délai est le moins maîtrisable : posez la question du calendrier avant de signer.

    La demande adressée au gestionnaire du réseau — Enedis sur la majeure partie du territoire, ou l’entreprise locale de distribution là où il en existe une. Elle décrit la puissance, le type d’onduleur, le mode d’exploitation choisi (autoconsommation totale, autoconsommation avec injection du surplus, injection totale) et détermine les éventuels travaux sur le branchement.

    Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité
  5. 05
    Convention d’autoconsommationL'installateur

    Au moment du raccordement, avant la mise en service.

    Le contrat qui encadre les relations avec le gestionnaire de réseau pour une installation qui autoconsomme : conditions d’exploitation, comptage, et selon le cas autorisation ou non d’injecter le surplus sur le réseau.

    Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité
  6. 06
    Attestation de conformité électrique viséeL'installateur

    À la fin du chantier, avant la mise en service. Exigez-en une copie : c’est la pièce qui matérialise l’engagement de l’installateur sur la sécurité.

    L’attestation par laquelle l’installateur déclare que l’installation respecte les règles de sécurité. Elle est transmise à l’organisme agréé, qui la vise — le cas échéant après un contrôle sur place. Sans ce visa, le gestionnaire de réseau ne met pas l’installation en service.

    Consuel, organisme chargé du visa des attestations de conformité électrique
  7. 07
    Contrat d’achat de l’électricité produiteVous

    Après la mise en service, selon la procédure de l’acheteur.

    Le contrat signé avec l’acheteur obligé ou un organisme agréé lorsque vous revendez tout ou partie de la production. Il fixe la durée d’engagement et les conditions de facturation. Les conditions tarifaires relèvent d’arrêtés révisés périodiquement : elles ne se lisent pas dans une plaquette commerciale, mais dans l’arrêté en vigueur à la date de la demande complète de raccordement.

    photovoltaique.info, centre de ressources porté par Hespul avec l’ADEME
  8. 08
    Attestation d’assurance de responsabilité décennaleL'installateur

    Avant la signature, pas après. Et à nouveau à l’ouverture du chantier si plusieurs mois se sont écoulés.

    L’attestation en cours de validité de l’entreprise qui pose. Elle doit être nominative, mentionner explicitement l’activité d’installation photovoltaïque parmi les activités garanties, et couvrir la période d’ouverture du chantier. Une attestation générique « travaux du bâtiment » ne suffit pas.

    Légifrance, le service public de la diffusion du droit
  9. 09
    Facture détaillée de l’installationL'installateur

    À la fin des travaux.

    La facture qui reprend, ligne par ligne, les marques et références exactes des modules, de l’onduleur ou des micro-onduleurs, du système de fixation et le cas échéant de la batterie, ainsi que la main-d’œuvre et les démarches. C’est la pièce qui sert de preuve pour les garanties, pour les aides et à la revente du logement.

    DGCCRF, direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Ce qui vous couvre, et pendant combien de temps

Une garantie n'est utile que si vous savez qui la porte et sur quoi elle repose. Distinguez toujours trois choses : la garantie du produit, donnée par le fabricant ; la garantie de la pose, portée par l'entreprise ; et l'assurance qui prend le relais si cette entreprise n'existe plus. Demandez l'attestation d'assurance de l'installateur avant la signature, et vérifiez qu'elle est en cours de validité et qu'elle mentionne l'activité photovoltaïque.

GarantieDuréeCe qu'elle couvreSur quoi elle reposeVérifier
Garantie décennale10 ans à compter de la réception des travauxLes dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination — au premier rang desquels, pour une installation en toiture, les infiltrations. L’assurance de responsabilité décennale est obligatoire pour l’entreprise qui réalise les travaux.Articles 1792 et suivants du Code civil ; obligation d’assurance prévue par l’article L. 241-1 du code des assurances.Légifrance, le service public de la diffusion du droit
Garantie de parfait achèvement1 an à compter de la réception des travauxTous les désordres signalés à la réception dans les réserves, et ceux révélés dans l’année qui suit, quelle que soit leur importance. L’entreprise doit les reprendre.Article 1792-6 du Code civil.Légifrance, le service public de la diffusion du droit
Garantie biennale de bon fonctionnement2 ans à compter de la réception des travauxLe bon fonctionnement des éléments d’équipement dissociables de l’ouvrage, c’est-à-dire ceux que l’on peut remplacer sans abîmer le bâti. L’onduleur relève typiquement de cette catégorie.Article 1792-3 du Code civil.Légifrance, le service public de la diffusion du droit
Garantie légale de conformité2 ans à compter de la délivrance du bienLa conformité du matériel vendu à ce qui était annoncé : caractéristiques, quantité, usage attendu. Elle s’exerce auprès du vendeur, sans avoir à démontrer une faute.Code de la consommation, pour un achat par un consommateur auprès d’un professionnel.Légifrance, le service public de la diffusion du droit
Garantie des vices cachésAction à engager dans les deux ans de la découverte du vice, dans la limite des délais de prescriptionUn défaut non apparent à l’achat qui rend le bien impropre à son usage ou en diminue fortement l’usage. Elle suppose de prouver l’antériorité du vice, ce qui est plus exigeant que la garantie de conformité.Articles 1641 et suivants du Code civil.Légifrance, le service public de la diffusion du droit
Garantie produit du fabricant de modulesContractuelle. Couramment de l’ordre de dix à vingt-cinq ans selon les gammes.Le remplacement d’un module défectueux : délaminage, corrosion, défaut de boîte de jonction, casse d’origine. Attention à ce qu’elle exclut presque toujours : la main-d’œuvre de dépose et de repose, et le transport, qui peuvent dépasser la valeur du module.Contractuelle, variable selon le fabricant. Elle n’a de valeur que si le document est remis, daté, et rattaché à la référence exacte des modules posés.—
Garantie de performance des modulesContractuelle. Couramment exprimée sur vingt-cinq à trente ans, sous forme d’un pourcentage de puissance restante garanti année par année.La baisse de production au-delà du vieillissement annoncé. En pratique, la faire jouer suppose une mesure de la puissance du module dans des conditions normalisées, ce que seul un laboratoire peut faire : lisez la procédure de réclamation avant de considérer cette garantie comme acquise.Contractuelle, variable selon le fabricant.—
Garantie du fabricant de l’onduleurContractuelle. Souvent plus courte que celle des modules, avec des extensions payantes proposées à l’achat.Le remplacement de l’onduleur en cas de panne. C’est l’équipement dont la durée de vie est la plus courte de l’installation : son remplacement est à prévoir dans le calcul de rentabilité, pas à découvrir.Contractuelle, variable selon le fabricant. Vérifiez si l’extension se souscrit uniquement à l’achat ou plus tard.—
Ce site n'est ni assureur, ni juriste, ni bureau d'études : ce tableau résume des textes publics pour vous aider à poser les bonnes questions. Seuls le contrat que vous signez, les conditions générales qui lui sont annexées et l'attestation d'assurance de l'entreprise font foi. En cas de litige, faites-les lire par un professionnel du droit.

Les questions à poser avant de signer

Posez-les à chacun des installateurs que vous consultez, et notez les réponses. Vous n'avez pas besoin d'être technicien : une réponse précise et vérifiable vaut mieux qu'une réponse rassurante. Une entreprise sérieuse répond sans hésiter, met ses réponses par écrit dans le devis et ne vous demande pas de signer le jour même.

Quelles sont la marque et la référence exactes des modules, et leur puissance unitaire ?

Pourquoi ça compte

Sans référence, le devis n’engage à rien et aucune comparaison n’est possible. C’est aussi la seule façon de retrouver la fiche technique et les garanties du fabricant.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une marque, une référence commerciale complète, une puissance unitaire en watts-crête, un nombre de modules, et la fiche technique du fabricant remise sans qu’il faille insister.

Quelles sont la marque et la référence de l’onduleur, et pourquoi ce dimensionnement ?

Pourquoi ça compte

L’onduleur détermine le rendement, le comportement en cas d’ombrage et la durée de vie de l’installation. C’est aussi la pièce qui tombera en panne la première.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une référence précise, une puissance, et une explication du rapport entre la puissance des modules et celle de l’onduleur — ainsi que le choix entre onduleur central, optimiseurs ou micro-onduleurs, motivé par votre toiture.

Quelle entreprise montera réellement sur le toit, et quel est son numéro d’identification ?

Pourquoi ça compte

La qualification, l’assurance et la responsabilité suivent l’entreprise qui exécute. Si ce n’est pas celle qui signe, il faut le savoir avant.

À quoi ressemble une bonne réponse

Un nom d’entreprise, un numéro d’identification, et une sous-traitance écrite au contrat si elle existe. Aucune hésitation sur ce point.

Pouvez-vous me transmettre votre attestation de qualification en cours de validité ?

Pourquoi ça compte

Certaines aides publiques exigent une qualification reconnue, portée par l’entreprise qui réalise les travaux. Une qualification expirée ou portant sur une autre activité ne vaut rien.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une attestation datée, avec un domaine de qualification couvrant le photovoltaïque, que vous pouvez recouper vous-même dans l’annuaire public des professionnels qualifiés.

Pouvez-vous me transmettre votre attestation d’assurance de responsabilité décennale ?

Pourquoi ça compte

C’est la couverture des dommages qui apparaissent longtemps après la pose, à commencer par les infiltrations.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une attestation nominative, en cours de validité, mentionnant explicitement l’activité d’installation photovoltaïque parmi les activités garanties.

Qui garantit l’étanchéité de la toiture après la pose ?

Pourquoi ça compte

C’est le sinistre le plus fréquent et le plus coûteux. Quand l’électricien renvoie au couvreur et le couvreur à l’électricien, le propriétaire paie.

À quoi ressemble une bonne réponse

Un interlocuteur unique, nommé au contrat, dont l’assurance décennale couvre les travaux de couverture, et une description du système de fixation et du traitement des pénétrations.

Le système de fixation est-il compatible avec mon type de couverture, et lequel est-il ?

Pourquoi ça compte

Les fixations et les règles de mise en œuvre diffèrent selon qu’il s’agit de tuiles, d’ardoises, de plaques nervurées ou d’une toiture plate. Un kit universel n’existe pas.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une référence de système de fixation, un avis technique ou un document du fabricant, et la mention explicite de votre type de couverture.

Quelles démarches prenez-vous en charge, et lesquelles restent à ma charge ?

Pourquoi ça compte

Urbanisme, raccordement, attestation de conformité, contrat d’achat : chaque étape a un responsable et un délai. « On s’occupe de tout » n’est pas une réponse.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une liste écrite, démarche par démarche, avec qui dépose, qui signe, sous quel délai, et un mandat écrit si l’entreprise agit en votre nom.

Quel délai entre la signature et la mise en service, et qu’est-ce qui peut le faire glisser ?

Pourquoi ça compte

Le délai réel dépend de l’instruction d’urbanisme et du raccordement, qui ne dépendent pas de l’installateur. Une promesse trop courte est un signal.

À quoi ressemble une bonne réponse

Un calendrier par étapes, avec les délais d’instruction et de raccordement présentés comme des estimations, et les causes de retard nommées.

Sur quelles données repose votre estimation de production, et que se passe-t-il si la production réelle est inférieure ?

Pourquoi ça compte

Une estimation optimiste transforme un investissement correct en mauvaise affaire. Et la plupart des devis ne prévoient rien en cas d’écart.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une méthode nommée, des hypothèses écrites — orientation, inclinaison, ombrage, pertes — et une réponse franche : le plus souvent, aucune garantie de production n’est due, et il vaut mieux l’entendre avant de signer.

Quel taux d’autoconsommation avez-vous retenu, et sur quelle consommation ?

Pourquoi ça compte

C’est l’hypothèse qui pèse le plus lourd sur l’économie du projet, et la plus facile à gonfler.

À quoi ressemble une bonne réponse

Un taux explicite, appuyé sur vos factures ou mieux sur vos données de consommation horaires, et non sur une moyenne nationale.

Que couvrent exactement les garanties du fabricant, et la main-d’œuvre est-elle incluse ?

Pourquoi ça compte

Une garantie de vingt-cinq ans sur le module qui exclut la dépose, la repose et le transport laisse à votre charge l’essentiel du coût d’un remplacement.

À quoi ressemble une bonne réponse

Les documents de garantie remis, avec la distinction claire entre garantie produit, garantie de performance, et prise en charge éventuelle de la main-d’œuvre par l’installateur.

Quelle maintenance prévoyez-vous, à quelle fréquence, et est-elle incluse ?

Pourquoi ça compte

Une installation demande peu d’entretien, mais pas aucun : contrôle des fixations, des connexions, de la production, et nettoyage selon l’environnement. Les contrats d’entretien vendus à l’abonnement sont parfois sans rapport avec le besoin réel.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une description des opérations, leur fréquence, ce qui est inclus la première année, et le prix des interventions ultérieures — sans abonnement imposé pour conserver la garantie.

Que devient l’installation si je vends le logement, et quelles pièces devrai-je fournir ?

Pourquoi ça compte

L’installation et les contrats suivent le bien. Un dossier incomplet bloque ou dévalue la vente.

À quoi ressemble une bonne réponse

La liste des pièces à conserver, et l’indication des formalités de transfert du contrat d’achat éventuel auprès de l’acheteur de l’électricité.

Ce devis est-il valable combien de temps, et sans aucune condition de signature immédiate ?

Pourquoi ça compte

La pression temporelle est l’outil de vente le plus courant du secteur. Une offre qui n’existe que ce soir n’est pas une offre, c’est une technique.

À quoi ressemble une bonne réponse

Une durée de validité écrite, de plusieurs semaines, sans remise conditionnée à une signature le jour même.

Les pièges

Aucun de ces points n'est une accusation : ce sont les endroits où un dossier déraille le plus souvent, parfois sans mauvaise intention. Les premiers sont bloquants — tant qu'ils ne sont pas levés, ne signez pas. Chacun se vérifie avant la signature, sur le devis ou sur un document que vous pouvez demander.

Signature à domicile le soir même de la visiteBloquant

Un contrat conclu hors établissement, sous pression, sans possibilité de comparer. Le droit de rétractation de quatorze jours existe, mais il est bref : il court à partir de la signature pour une prestation de services, ou de la réception du matériel pour une vente de biens. Une fois passé, l’engagement est ferme, même si les travaux n’ont pas commencé.

À vérifier : Que le bon de commande soit écrit, daté, et qu’il comporte un formulaire de rétractation détachable. Ne signez rien le jour de la visite : aucune offre sérieuse ne disparaît en vingt-quatre heures. Si l’on vous demande un paiement immédiat, sachez que la loi encadre strictement le moment où un professionnel peut encaisser à la suite d’un démarchage à domicile.

Crédit affecté signé en même temps que le contrat de travauxBloquant

Deux contrats signés dans la même soirée, dont l’un finance l’autre. Si les travaux ne sont jamais réalisés ou le sont mal, le remboursement du crédit peut continuer à courir tant que le lien entre les deux contrats n’a pas été fait valoir.

À vérifier : Que l’offre de crédit mentionne explicitement qu’elle est affectée au contrat de travaux, et que les fonds ne sont débloqués qu’après achèvement complet, attestation de conformité visée comprise. Signer l’attestation de livraison avant que le chantier ne soit terminé est l’erreur la plus coûteuse de tout ce dossier.

« Installation autofinancée » ou « offerte »Bloquant

La promesse que les revenus de la revente couvriront exactement les mensualités du crédit. Elle repose sur une hypothèse de production et sur des conditions tarifaires que le vendeur ne maîtrise pas.

À vérifier : Demandez par écrit sur quelle production annuelle et sur quelles conditions tarifaires le calcul repose, et ce qui se passe si la production est inférieure. Une installation financée à crédit reste due intégralement, quelle que soit la production réelle.

Promesse d’un prix de rachat garanti à vieBloquant

Les conditions d’achat de l’électricité produite relèvent d’arrêtés révisés périodiquement, et s’apprécient à la date de la demande de raccordement complète. Un commercial ne peut pas garantir aujourd’hui ce qui sera fixé demain.

À vérifier : Faites préciser par écrit quel texte s’applique et à quelle date il sera figé pour votre dossier. Toute promesse chiffrée verbale n’engage personne.

Absence d’attestation d’assurance décennale nominativeBloquant

Si l’entreprise n’est pas assurée pour cette activité, une infiltration apparue trois ans après la pose reste à votre charge — y compris les dégâts intérieurs.

À vérifier : L’attestation doit porter le nom et le numéro d’identification de l’entreprise qui pose réellement, mentionner l’activité photovoltaïque parmi les activités garanties, et couvrir la date d’ouverture du chantier. Vous pouvez appeler l’assureur mentionné pour confirmer qu’elle est toujours en vigueur.

Qualification au nom du signataire, pose par un sous-traitantBloquant

La qualification reconnue est portée par l’entreprise qui signe, mais le chantier est réalisé par une autre, non qualifiée. Selon les aides visées, l’éligibilité peut tomber, et la chaîne de responsabilité devient illisible en cas de litige.

À vérifier : Demandez le nom et le numéro d’identification de l’entreprise qui montera sur le toit, puis vérifiez cette entreprise-là dans l’annuaire public des professionnels qualifiés. Exigez que la sous-traitance soit écrite au contrat.

Devis sans marque ni référence de matérielBloquant

Un devis qui indique « panneaux monocristallins haut rendement » et « onduleur de marque européenne » autorise à livrer n’importe quoi. Il rend aussi toute comparaison entre devis impossible, ce qui est souvent le but.

À vérifier : Exigez la marque et la référence commerciale exacte des modules, de l’onduleur ou des micro-onduleurs, du système de fixation et de la batterie, ainsi que le nombre de modules et la puissance unitaire. Puis demandez les fiches techniques correspondantes.

Couverture en fibrociment susceptible de contenir de l’amianteBloquant

L’amiante est interdit en France depuis la fin des années 1990 ; une couverture en plaques de fibrociment antérieure peut en contenir. Percer, découper ou déposer de tels matériaux libère des fibres et relève d’une réglementation spécifique du code du travail, avec des entreprises spécialement formées et une filière de déchets dédiée.

À vérifier : Avant toute intervention, faites rechercher l’amiante par un opérateur de repérage. Un installateur qui propose de poser des rails sur une toiture en fibrociment ancien sans jamais évoquer le sujet est à écarter.

Charpente non vérifiée avant la poseImportant

Des modules et leur ossature ajoutent une charge permanente à la toiture, qui s’ajoute à la neige et au vent. Sur une charpente ancienne, affaiblie ou déjà chargée, la vérification n’est pas une formalité.

À vérifier : Le devis doit mentionner une visite technique préalable avec accès aux combles, et indiquer la charge surfacique ajoutée. Si le doute subsiste, l’avis d’un professionnel de la structure se demande avant les travaux, pas après.

Aucune étude d’ombrageImportant

Une cheminée, un arbre, un bâtiment voisin, et la production réelle s’écarte durablement de l’estimation. Sur un onduleur central, l’ombre portée sur quelques cellules pénalise toute la chaîne de modules.

À vérifier : Demandez sur quelle base l’ombrage a été évalué : relevé sur place, masque solaire, photo panoramique. Si l’ombrage est avéré, la réponse technique existe — optimiseurs ou micro-onduleurs — mais elle doit apparaître au devis.

Promesse d’autoconsommation à 100 %Important

La production est maximale en milieu de journée et nulle la nuit, alors que la consommation d’un foyer se concentre le matin et le soir. Sans stockage, une part de la production part sur le réseau ; avec stockage, la part autoconsommée augmente mais n’atteint pas la totalité sur l’année.

À vérifier : Demandez le taux d’autoconsommation retenu dans le calcul, et sur quelles données de consommation il s’appuie. Un profil de consommation horaire réel vaut mieux qu’une moyenne annuelle. Pour tester les hypothèses sur votre cas, utilisez /simulateur.

Confusion entre puissance crête et puissance réellement injectableImportant

La puissance crête est mesurée en laboratoire, dans des conditions normalisées qu’une toiture ne rencontre presque jamais. Par ailleurs, la puissance injectable sur le réseau dépend du raccordement, et l’onduleur peut être dimensionné en dessous de la puissance des modules, ou brider l’injection.

À vérifier : Faites distinguer au devis la puissance crête des modules, la puissance de l’onduleur, et la puissance maximale d’injection retenue dans la demande de raccordement. Si l’onduleur est plus petit que le champ de modules, demandez que ce choix soit justifié par écrit.

Protection de découplage non documentéeImportant

Sans découplage conforme, une installation peut continuer d’injecter alors que le réseau est coupé, ce qui met en danger les intervenants. Le gestionnaire de réseau exige une conformité démontrée de cette fonction.

À vérifier : Demandez le certificat ou l’attestation de conformité de l’onduleur pour sa protection de découplage, au référentiel en vigueur. Un fabricant sérieux publie ce document ; un revendeur qui ne sait pas de quoi vous parlez est un signal.

Démarches administratives non prises en charge, ou vaguementImportant

La mention « nous nous occupons de tout » sans détail laisse le dossier d’urbanisme ou de raccordement en suspens, et vous découvrez après la pose que rien n’a été déposé.

À vérifier : Faites lister au contrat chaque démarche, qui la dépose, qui la signe, et sous quel délai. Un mandat écrit est nécessaire pour qu’un tiers agisse en votre nom.

Location de la toiture contre une installation « gratuite »À savoir

Le montage transfère l’usage de votre toiture à un tiers pour une longue durée, avec des conséquences sur l’entretien, la responsabilité et la revente du bien.

À vérifier : Faites lire le contrat par un professionnel du droit avant signature : durée, sort en fin de contrat, dépose, responsabilité de l’étanchéité, et ce que l’acquéreur héritera si vous vendez.

Sort de l’installation en cas de revente du logementÀ savoir

L’installation et le contrat éventuel d’achat de l’électricité suivent le bien. Un dossier incomplet — pas d’arrêté de non-opposition, pas d’attestation de conformité, pas de facture détaillée — fait perdre du temps et de la valeur au moment de la vente.

À vérifier : Rangez dès la mise en service un dossier unique : autorisation d’urbanisme, attestation de conformité visée, contrats, attestations d’assurance, factures, fiches techniques et garanties fabricant.